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Cet article va vous permettre d'acquérir quelques informations historiques basiques...

Et comme nous ne savons pas comment classer ces informations, nous avons choisi de les présenter suivant l’ordre alphabétique (romain).

Bulgares

Peuple migrateur originaire d’Asie Centrale, on les voit se fixer d’abord entre le Don et le Dniepr (actuelle Ukraine) au début du 6ème siècle. Au 7ème siècle, vers 630, ils fondent leur « Khanat » la « Grande Bulgarie Ancienne » sur le cours inférieure de la Volga près de la mer noire et de la mer d’Azov. Mais très vite, ils vont se séparer en deux groupes, les bulgares occidentaux qui fonderont par la suite la Bulgarie actuelle et les bulgares orientaux qui s’établiront sur le cours moyen de la Volga et que l’on nommera les « bulgares de la Volga ».

 

Bulgares de la Volga

Le Khanat des bulgares de la Volga est un descendant du grand Khanat de la « Grande Bulgarie Ancienne » et a duré de la fin du 7ème siècle jusqu’au début du 13ème siècle, moment où leur capitale « Bolghar » est détruite par la  « Horde d’Or ».
Jusqu’au 10ème siècle ils sont très probablement sous l’emprise de « l’empire khazar ». (Les Khazar étaient un peuple semi-nomade turc dont l'empire, apparu au 6ème siècle, disparu brutalement à la fin du 10ème siècle. L'empire s'étendait entre mer Caspienne et mer Noire jusqu'à Kiev et Bolgar au nord. Une de leurs particularités était d'avoir le judaïsme comme religion d'état et une thèse, assez discutée, les met comme l'une des origines des Ashkénazes.)
Au 9ème siècle leur capitale « Bolghar » est fondée quelque km au sud du confluent de la Volga et de la Kama (à 80km au sud, à vol d’oiseau, de l’actuelle Kazan).

A partir de 922 l’Islam y devient la religion d’état, mais les autres religions païennes et chrétiennes restent tolérées.

Du 10ème au 12ème siècle, l’histoire est faite de conflits et de pillages par les principautés russes qui bordent le Khanat au nord et à l’ouest.

Au cours du 12ème siècle les bulgares de la Volga déplaceront leur capitale de Bolghar à Bilyar située plus à l’est à proximité de la ville actuelle de Nurlat au sud du Tatarstan.

En 1236, après de premières tentatives en 1223 et 1229, les troupes de la « Horde d’Or » réussissent à prendre les principales villes du Khanat. Certains historiens indiquent que 80% de la population auraient été tuée lors de l’invasion, mais cette affirmation n’est pas vérifiée…

La Bulgarie de la Volga est alors annexée à la Horde d’Or, puis démantelée en plusieurs petits Khanats.

L’ancienne Kazan, initialement édifiée par les Bulgares de la Volga comme un fort militaire en protection à la frontière nord va devenir 200 ans plus tard le plus important des Khanat ex-bulgares.

Djadidisme

Le djadidisme (ou jadidisme) est un mouvement religieux islamique qui a émergé en Asie centrale entre 1880 et 1900 afin de trouver comment il était possible de lier l’appartenance à un état chrétien orthodoxe (la Russie tsariste) à une expérience personnelle musulmane.

Djadid («nouveau» en arabe), vient du terme  « usul-e Djadid » (la nouvelle méthode) utilisée par Gasprinskii Ismail (1851-1914), imam en Russie. En 1883, il ouvrit une école en Crimée, et un journal qui fut lu dans l’ensemble du monde turcophone.

L’enseignement donné dans les écoles, aussi bien pour enfants que pour adultes, devait préparer les musulmans à se joindre à la société dominante russe, tout en renforçant les valeurs musulmanes. C’était donc un prêche pour un islam intégré dans la société civile, et faisant preuve en privé de beaucoup de tolérance envers les autres croyances.

Le succès du mouvement a été évident surtout dans les classes urbaines des Tatars de Crimée, de la Volga et de l'Azerbaïdjan, où la «bourgeoisie nationale » devait son ascension à son insertion dans le capitalisme de l'empire russe.

Mais, de fait, le djadisisme a toujours été considéré par la plupart des pays islamiques comme une forme très marginale de l'Islam.

Vous trouverez un article beaucoup plus complet ici...

Empire Mongol

On parle indifféremment de l’Empire Mongol ou Turco-Mongol.

C’est le plus vaste empire ayant jamais existé en ayant des territoires continus, avec, à son apogée, quasiment 33 millions de km². (L’Empire Britannique n’était pas continu et l’URSS avec le bloc de l’Est n’était pas formellement une seule nation).

Cet Empire est l’œuvre de Gengis Khan et de ses premiers descendants.

Il s’est constitué assez vite, d’abord suite aux conquêtes de Gengis Khan lui-même de 1205 à 1227.

  Fichier:Gengis Khan empire-fr.svg 

 (carte issue de Wikipedia, Bkkbrad, Gengis Khan empire-fr.svg)

Puis jusqu’en 1260 c’est une suite ininterrompue d‘extensions opérées par ses successeurs dont en particulier son successeur direct, Ôgödei, son troisième fils.

De son vivant, Gengis Khan avait partagé son Empire entre ses 4 premiers fils : Djötchi, Djaghataï, Ögödei et Tolui, qui agissaient en tant qu’Administrateur des territoires (Ulus en mongol, Khanat en turc) qui leurs étaient confiées.

Puis au fil du temps, et surtout au fil des successeurs, l’unité de l’Empire commencera à vaciller, avec des luttes intestines pour le pouvoir, qui feront qu’en 1260 l’Empire est réellement découpé en 4 royaumes autonomes.

Mais 1260 est aussi la date de la première grande bataille perdue par l’Empire ; le 3 septembre 1260, à Aïn Djalout (Cisjordanie), les Mamelouks, grâce à une trêve surprenante avec les Croisés, défont une armée mongole, ce qui leur permet de s’emparer (temporairement) de la Syrie.

Pendant encore une trentaine d’année l’Empire Mongol continuera d’avoir une existence formelle, et l’on considère même que son apogée sera connue avec le 5ème Khan, Khubilaï (un petit fils de Gengis Khan), qui est le fondateur de la Dynastie chinoise des Yuans.

C’est l’époque où sur une grande partie de l’Eurasie, après les guerres, les massacres et les annexions forcées on parle de la « paix mongole ».

Cependant un siècle plus tard, l’histoire de l’Empire Mongol est réellement terminée.


Mais, les quatre « Ulus » connaissent dès ce moment des histoires de plus en plus autonomes.

En particulier l’histoire de le Horde d’Or, l’Ulus dévolu au fils aîné de Gengis Khan, va nous intéresser car elle est directement liée à l’histoire des Tatars de la Volga.

 Fichier:Mongol Empire map 2.gif

(issue de "Wikipedia : empire mongol" et produit à l’origine par Astrokey44 )

Cette carte animée de l’empire mongol  montre :
la progression de l’empire de 1206 à 1279 :     
en 1294 l’empire tel que découpé en 4 parties :

  1. la Horde d’Or (dont nous détaillons l’histoire dans cet article)      ,
  2. le Khanat de Djaghataï (Asie Centrale)      ,
  3. les Ilkhanides (Iran, Afghanistan, Syrie, Irak, …)            ,
  4. la Dynastie Yuan (première dynastie chinoise non Han)        .

Gengis Khan

Gengis Khan, d’abord appelé Temüdjin, est né vers 1160. Il mourra en 1227 en étant devenu le premier empereur de ce qui deviendra le plus grand empire du monde.

Bien qu’il ne soit pas directement issu des clans régnants, il a su par son génie militaire et politique fédérer un ensemble de tribus turco-mongoles d’Asie Centrale et d’Asie de l’Est, dont il deviendra le Khan (dirigeant) puis le Khagan (empereur) en 1201.

Il se lancera alors dans des guerres de conquête, d’abord vers la Chine. Ensuite, ses descendants agrandiront considérablement l’empire principalement vers l’Ouest.

Les appréciations sur lui différent largement suivant que les analystes sont du bord des vaincus ou des vainqueurs ; cela va du conquérant impitoyable et sanguinaire, stéréotype du barbare, jusqu’au grand tacticien militaire, grand organisateur et montrant une réelle tolérance religieuse.

Il convient de signaler que les vaincus d’alors ont pris leur revanche par la suite et que ce sont eux qui ont écrit l’histoire parfois bien des siècles plus tard…


Ce qui ressort d’un premier niveau d’analyse très basique c’est que les mongols n’auraient pas pu développer leur empire sans avoir un minimum d’adhésion des peuples dits annexés. Les mongols d’origine, étaient manifestement trop peu nombreux pour gouverner autoritairement les territoires conquis.

Outre ces actions militaires et administratives Gengis Khan aura été également un législateur qui fera mettre en forme un code juridique traitant du pénal et du commerce et connu sous le nom de « Yassaq ».

Les mongols et Gengis Khan lui-même étaient de traditions animistes et chamanistes, mais avec la croyance en un Dieu du Ciel nomme « Tengri », ce qui semble avoir pu favoriser leur passage aux religions monothéiste et notamment à l’Islam.

La plupart des auteurs présentent Gengis Khan comme strictement monothéiste et faisant preuve d’une grande tolérance religieuse.

Gengis Khan et famille

Très jeune (9 ans) Temüdjin est fiancée à Börte appartenant à un clan turco-tatar très puissant, les Onggirats.

Le père de Témüdjin est assassiné par des membres d’une autre tribu turco-tatare, et ce sera alors quelques années d’errance et de misère.

Il l’épouse Börte vers 1181, ce qui lui permet d’accéder à un meilleur statut social. Mais très rapidement sa femme est enlevée par un clan turco-mongol, les Merkits, qui la retiendra prisonnière pendant presque un an, jusqu’à ce que Temüdjin la délivre. Börte est alors enceinte de 8 mois et, même si le futur Gengis Khan reconnaîtra ce fils comme le sien, un doute sur sa paternité réelle subsistera…

Börte aura ensuite trois autres fils et cinq filles, et elle sera toujours l’épouse principale de Gengis Khan et la seule à avoir le titre d’impératrice. Ce ne sera pas qu’un titre car Börte, lorsque son mari est en campagne, assiste son beau-frère pour le gouvernement de la mongolie.

Il aura d’autres enfants avec d’autres épouses, mais seuls ses enfants issus de son premier mariage (sa femme principale) auront un destin important.

Sa descendance s’établit alors telle que ci-dessous :

Un premier fils avec Börte, mais dont la paternité n’est pas certaine :

  • Djötchi (1182-1227)

Trois autre fils avec Börte

  • Djaghataï (1184-1241)
  • Ögödei (1186-1241)
  • Tolui (1190-1232)

Intéressons nous au destin de ses quatre fils :

Djötchi (1182-1227) :
Il mourra peu avant son père, mais ses descendants seront les conquérants des steppes de la future Russie. Ce sont les fondateurs de la « Grande Horde » que les Russes appelleront « Horde d’Or ». En particulier quatre de ses fils auront un destin historique :

      • Batu (1205-1255), le conquérant des principautés Russes, il sera le premier Khan de la Horde Bleue (qui deviendra la Horde d’Or), nommée également le Khanat de Kiptchak.
        Deux de ses fils, Sartaq puis Ulaqtchi, lui succèderont à la tête de la Horde.
      • Orda ( ?-1280), subordonné à Batu, il deviendra le Khan de la Horde Blanche (à l’est de la mer Caspienne).
      • Berké ( ? -1266), Le quatrième Khan de la Horde ; il sera le premier Khan de la Horde à se convertir à l’Islam.
      • Chayban ( ? – 1266), Khan d’un Khanat au sud-est de l’Oural, c’est principalement par ses descendants qu’il restera connu. Ceux-ci, après avoir renversé le dernier des Timourides (dynastie de Tamerlan) en 1507, fonderont la dynastie des Chaybanides en Ouzbekistan.

Djaghataï (1184-1241)

C’est le premier Khan du Khanat de Djaghataï, qui correspond globalement à l’actuelle Asie centrale. Sa dynastie perdurera difficilement jusqu’en 1369, date à laquelle Timur Lang (appelé Tamerlan en occident) se fait nommer émir de Transoxiane (Ouzbékistan moderne et sud ouest du Kazakhstan) et y fonde la dynastie Timouride.

Les derniers Djaghataïdes règneront sur le Mogholistan (Xinjianng ou Turkestan chinois) jusqu’en 1670.

Ögödei (1186-1241),

Il sera deuxième Khan de l’empire, et son fils Güyük lui succédera à la tête de l’Empire comme troisième Khan.

Tolui (1190-1232)

Il meurt avant son frère Ögödeï.
Son premier fils, Möngke (1209-1259), sera le quatrième Khan de l’empire, mettant fin ainsi prématurément à la dynastie des descendants d’Ögödeï. Ce changement de ligne de succession se fera avec l’appui de son oncle Batu, alors doyen de la famille.


Son quatrième fils, Kubilaï (1215-1294), sera le cinquième et dernier Khan de l’empire mongol et l’empereur de Chine fondateur de la Dynastie Yuan.


Son cinquième fils, Hülagü (1217-1265), après avoir renversé la dynastie des Abasssides prendra le contrôle de la Perse où il fonde en 1256 la dynastie des Ilkhanides.


Grand Duché de Lituanie

Le Grand Duché de Lituanie est créé au 12ème siècle, puis profitant du vide laissé par le recul de l’empire mongol, réussira à son apogée au début du 15ème siècle. Il va s’étendre de la mer Baltique à la mère noire, sur un territoire correspondant aujourd’hui à la Lituanie, la Biélorussie, l’Ukraine, complété de l’est de la Pologne et de l’ouest de la Russie.

Cette apogée sera en particulier atteinte sous le règne du Grand Duc Witold qui règnera de 1392 à 1430.

Ces territoires sont d’abord de religions païennes, puis deviennent progressivement Catholique Orthodoxe après 1252.

En 1387 le nord du grand duché (Lituanie actuelle et Pologne) devient Catholique Romain.
Après « l’Union de Brest » (Brest-Litovsk) en 1596 est créée l’église Grecque Catholique Ukrainienne, de rite byzantin, mais rattachée à Rome…


 

Horde d’Or

Cet article est tiré de deux sources principales : l’article de Wikipedia consacré à la Horde d’Or (http://fr.wikipedia.org/wiki/Horde_d'Or) et l’article de Jean Paul Roux, « la Horde d’Or et la Russie » (http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_horde_d_or_et_la_russie.asp).


1/ la conquête

En 1222, une armée de Gengis Khan après avoir envahi la Perse se tourne vers le nord, franchit le Caucase et se retrouve sur les steppes Kiptchaks (les Russes les appellent « polovtsiens » ; souvenez vous des danses polovtsiennes, de l’opéra « le prince Igor » de Borodine). Bien que traditionnellement ennemis, les Kiptchaks font alors appel à une alliance avec les principautés slaves voisines pour contrer la menace de cet envahisseur qui est précédé d’une rumeur terrifiante… La future Russie est alors morcelée en une myriade de petits états très occupés à se faire la guerre entre eux.

Devant cet ennemi commun, un accord se fait, mais n’empêchera pas une déroute fracassante le 31 mai 1222 où toutes ces armées coalisées sont taillées en pièces par les troupes des généraux de Gengis Khan. Cependant ces troupes turco-mongoles, qui sont aussi nommées tatares, ne restent pas sur place, mais rejoignent leur empereur en Asie Centrale.

Dix ans plus tard, les troupes impériales reviennent en Perse, la soumettent complètement, puis repartent à nouveau vers le Nord.

Alors, les Kiptchaks, se souvenant de la première défaite, se rallient en masse aux conquérants mongols, tant et si bien qu’en réalité ce sont eux qui vont assimiler génétiquement mais aussi culturellement la petite fraction des vrais mongols de l’armée conquérante…

Et on parlera d’ailleurs à partir de ce moment indifféremment de « l’Ulus de Djötchi » et du « Khanat Kiptchak » ou de « la grande Horde » ; le nom de « Horde d’Or »  n’ayant en réalité été donné par les Russes que bien plus tard.

Entre 1237 et 1242 une armée turco-mongole dirigée par Batu (fils aîné de Djötchi, petit fils de Gengis Khan et sous les ordres du grand Khan Ögödei son oncle) va se diriger vers le nord et l’ouest.

Dans un premier temps, en partant de l’Oural, cette armée va balayer l’état des Bulgares de la Volga, puis va envahir les principautés slaves. A l’exception de Novgorod, toutes les grandes villes russes vont tomber (Kiev, Moscou (alors un petite ville), Vladimir (180km à l’est de Moscou), Riazan (200km au sud est de Moscou), Kolomna (100km au sud est de Moscou), Rostov (près de la mer d’Azov), Iaroslav (300km au nord est de Moscou). D’après certains historiens la moitié de la population russe va disparaître. Mais il faut remarquer également que les troupes impériales, n’ayant pas la capacité d’administrer tous ces territoires vont s’appuyer sur l’intégration des aristocraties locales pour ce faire.

Novgorod sera aussi mise sous domination mais sans avoir été défaite et en restant très difficile. Il faudra d’ailleurs que le grand héros de l’histoire russe, Alexandre Nevski, que Batu avait nommé « Prince de Vladimir », vienne lui-même en arme pour appuyer les « percepteurs ».

Alexandre Nevski n’était pas le seul et c’est en réalité toute l’aristocratie russe qui va collaborer avec « l’occupant  tatar », mais c’était le minimum à faire pour préserver une existence formelle à leurs principautés à côté de le la horde d’Or. Cette aristocratie en tirait personnellement un grand profit et une chronique russe, citée par jean Paul Roux, disait : « les boyards se faisaient la vie douce en la rendant difficile aux humbles ».

C’est aussi à cette époque que Moscou qui est dotée d’une garnison importante va devenir une ville prépondérante.

Notons que la capitale de la Horde a été fondée par Batu à Saraï (près de la Volgograd actuelle).

L’empire mongol était très tolérant pour toutes les formes de religion et le clergé orthodoxe en profita beaucoup matériellement. Mais, en même temps il resta le principal point d’ancrage de l’identité russe pendant toute cette période d’asservissement.


2/ l’apogée

À partir du milieu du 13ème siècle on considère que la horde est à son apogée. En particulier, sur la première moitié du 14ème siècle elle est considérée comme une grande puissance agricole et commerciale. Le commerce est particulièrement fructueux avec les Génois, puis les Vénitiens.

C’est aussi le moment où l’empire mongol se désagrège au bénéfice des « Ulus » ou « Khanats » attribués historiquement par Gengis Khan à ses quatre fils.

3/ le début de la fin

En réalité, à partir de 1280, le pouvoir centralisé dans la horde commence à se disloquer du fait des rivalités internes et des distances importantes entres les zones à administrer.

Le paroxysme politique est atteint entre 1360 et 1380 où il y aura 14 Khans différents.

Ces dissensions internes sont accompagnées de mouvements de révoltes des peuples colonisés.

En particulier, les princes russes, qui ne veulent plus payer l’impôt, réussissent à se fédérer et à vaincre pour la première fois la Horde d’Or lors de la bataille de Koulikovo en 1380. Toutefois, la Horde d’Or, avec l’appui de la « Horde Blanche »  (un Khanat beaucoup plus à l’est) arrive à reprendre le dessus et cette révolte qui se terminera avec la prise et l’incendie de Moscou en 1382.

La fin du 14ème siècle verra deux faits importants :

  • les actions guerrières de Tamerlan qui avec plus ou moins de succès s’attaquera à la Horde d’Or (il arrivera quand même jusqu’à menacer Moscou en 1395)
  • la prise de pouvoir de la horde Nogaï (Nogaï, arrière petit-fils de Gengis Khan avait été pendant toute cette période l’incontournable « faiseur de Khan »)

4/ la fin de la Horde

Les coups portés par Tamerlan vont se montrer mortels quelques années plus tard. La Horde survivra encore quelques dizaines d’années avant d’exploser en quatre morceaux :

  • 1430 : création du Khanat de Crimée, autour de la mer noire
  • 1445 : création du Khanat de Kazan, sur le nord du cours moyen de la Volga et la Kama
  • 1446 : création du Khanat d’Astrakhan, sur la mer Caspienne
  • 1466 : création du Khanat de Kasimov, au sud-est de Moscou

En 1502 le coup fatal est porté à la Horde d’Or lorsque le Khan de Crimée, Mengeli Giraï, alors allié aux Russes, s’empare de Saraï, la capitale historique de la horde d’Or. Le dernier Khan de la Horde, Cheik Ahmed, disparaîtra en 1516.

Après une domination sur la Russie qui se sera étendue sur trois siècles, la Horde d’Or, victime autant des ses problèmes internes que des révoltes des peuples colonisés disparaît.

5/ qu’en reste–t-il ?

Il est aisé d’établir une comparaison entre la Gaule des premiers siècles envahie par les Romains, et tous ces territoires aujourd’hui appartenant à la fédération de Russie et alors sous la domination de la Horde.

Dans les deux cas, on ne peut pas parler que de colonialisme sauvage… Les conquérants, après les phases de conquêtes, auront apporté des décennies de paix (paix contrainte assez souvent, je vous l’accorde), de développements économiques (agriculture et commerce) et de rigueur administrative.

Les aristocraties locales et les clergés auront également beaucoup profité de leur collaboration avec un conquérant qui n’ayant pas la possibilité de tout administrer en direct devait beaucoup déléguer…

La tolérance religieuse était réelle dans les deux cas (pour le moins au début).

Donc, de même que l’on a pu voir en Gaule, l’émergence d’un territoire et d’une civilisation Gallo-romaine, il me semble qu’il faudrait reconnaître l’émergence d’un territoire et d’une civilisation Russo-mongolo-tatare.

Nous avons l’habitude de parler en France de « l’âme slave »… Mais est-ce bien les Slaves qui ont forgé cette âme ?

Il m’apparaît aussi que cette « civilisation des steppes » aura apporté des valeurs de respect de l’autorité, de soumission au chef, de fatalisme et de résignation sans aucun doute plus orientales que vikings !

On peut voir alors pourquoi, quelques siècles plus tard, la Russie est resté en marge de l’occident européen en plein développement (même si les élites étaient très européanisée, voire même francophiles) en développant une culture très particulière entre orient et occident.

Sans doute cette culture aura favorisé, y compris jusqu’à une période récente, l’existence de gouvernements autoritaires (voire même dictatoriaux)…

 

Huns

L’origine des Huns est assez complexe et même si de nombreux historiens leurs voient des origines en Mongolie, il apparaît également qu’ils forment un conglomérat avec d’autres peuples d’origine iranienne, germanique et slave.

Bien qu’on trouve leur présence sur la Volga dès le 4ème siècle et qu’ils se soient établis dans l’actuelle Hongrie au début du 5ème siècle, ils sont surtout connus en Europe occidentale par les grandes invasions du milieu du 5ème siècle et leur chef Attila, surnommé « le fléau de Dieu »…

En effet de 441 à 453, Attila à la tête de son peuple se lança dans une invasion de l’Europe de l’ouest. Défait par les Romains lors de la bataille des « champs catalauniques » (sans doute vers l’actuelle Châlons-en-champagne ou bien vers Troyes) en 451, il dut évacuer définitivement la Gaule. Il se rendit alors dans l’Italie du nord qu’il dévasta, mais après sa mort en 453, son empire ne lui survécut que quelques années suite à des batailles perdues contre les Ostrogoths et l’empire romain d’Orient. Les divisions entre ses descendants finirent alors par désagréger l’empire hunnique.

Pour les occidentaux, les Huns et leur chef Attila sont le prototype du « barbare sanguinaire »… Il faut se rappeler que l’époque était sanguinaire de tous les côtés (souvenons nous du traitement fait par Rome aux esclaves vaincus après la révolte de Spartacus quelques siècles plus tôt…) et que le terme barbare peut désigner n’importe quel étranger ; de plus Attila et ses hommes étaient de magnifiques guerriers. Toutes ces raisons expliquent comment et pourquoi ils sont apparus comme un fléau divin, alors qu’ils n’étaient sans aucun doute pas pires, aux regards des principes de l’humanisme moderne, que leurs adversaires…

Khanat, Khaganat, Khan, Khagan

 

Khan (parfois orthographié Kan) signifie dirigeant en Turc et en Mongol. Le pouvoir du Khan s’étendait sur un Khanat et d’ailleurs la meilleure définition que l’on peut trouver d’un Khanat est : « territoire soumis à l’autorité d’un Khan ».

On peut trouver également le nom Khanat sous son équivalent mongol : « Ulus »

Plusieurs Khanats pouvaient être regroupés dans un Khaganat sous l’autorité d’un Khagan.

En équivalent occidental on pourrait faire les quatre approximations :

Khan = Roi, Khanat = Royaume, Khagan = Empereur, Khaganat = Empire

Principautés des Slaves de l’Est

Autour de l’an 880, Oleg le Sage, un prince Varègue (tribu viking commerçant et guerroyant sur ce qu’on appellera de nos jours l’Europe de l’Est) fonde « la Rus’ de Kiev » que l’on peut considérer comme le premier élément de la future Russie.

Du fait du principe de succession Varègue, ce premier état va vite se morceler à l’extrème du 9ème au 16ème siècle.

Ainsi des dizaines et des dizaines de « principautés des slaves de l’est » (actuellement ukrainiennes, russes et biélorusses) vont voir le jour et pour certaines décliner très rapidement.

Toutefois, ses principautés vont rester jusqu’au 14ème siècle plus ou moins satellisées autour la principale principauté, celle de Kiev.

Jean Potier

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